• Trouver l’autre mystérieux

    L’amour est un mystère pour ceux qui le vivent, un mystère pour ceux qui le regardent. Nous constatons, mais nous ne comprenons pas. Pourquoi ? Parce que ceCe que s'est l'amour qui nous lie à l’autre est inexplicable. Aimer vraiment, c’est aller vers quelqu’un, non pas seulement pour son image (sa beauté, sa ressemblance avec tel ou tel), ni pour ce qu’il symbolise (un père, une mère, le pouvoir, l’argent), mais pour son secret. Ce secret que nous ne savons pas nommer, et qui va rencontrer le nôtre : un manque ressenti depuis l’enfance, une souffrance singulière, indéfinissable. « L’amour s’adresse à notre part d’inconnu, explique le psychanalyste Patrick Lambouley.

    Il y a un vide en nous qui peut causer notre perte, nous pousser à nous tuer. Eh bien, l’amour, c’est la rencontre de deux blessures, de deux failles, le partage avec quelqu’un de ce qui nous manque radicalement et que l’on ne pourra jamais dire. » L’amour vrai, ce n’est pas « Montre-moi ce que tu as » ou « Donne-moi ce que tu as pour combler ce qui me manque », mais plutôt « J’aime la manière dont tu essaies de guérir, ta cicatrice me plaît ».

    Rien à voir avec l’hypothèse de la « moitié d’orange », déclinaison du Banquet de Platon (LGF, “Le Livre de poche”), qui nous voudrait incomplets parce que coupés en deux. L’amour nous rendrait alors « un » et heureux ! « C’est la cause de la faillite forcée de bien des couples, observe Patrick Lambouley. Quand certains s’aperçoivent qu’ils ressentent encore une insatisfaction, ils s’imaginent que c’est parce qu’ils n’ont pas trouvé l’homme ou la femme qu’il leur “fallait”, et qu’ils doivent en changer. Ce n’est évidemment pas le cas. » Aimer vraiment, c’est dire à l’autre : « Tu m’intéresses. »

     

    Avoir peur de le perdre

    Ce que s'est l'amourAimer, c’est avoir peur. Tout le temps. Freud, dans Malaise dans la civilisation (1), l’explique ainsi : nous devenons dépendants parce qu’il faudra que l’autre nous soutienne toujours dans l’existence. D’où la peur de le perdre. Explication lumineuse de Monique Schneider (2), philosophe et psychanalyste : « L’amour implique une prise de risque. Il suscite un phénomène de vertige, parfois même de rejet : on peut casser l’amour parce que l’on en a trop peur, le saboter tout en essayant de se confier, réduire son importance en s’attachant à une activité où tout repose sur soi-même. Tout cela revient à se protéger du pouvoir exorbitant de l’autre sur nous. »

    D’autant, souligne encore Freud, qu’Éros et Thanatos vont de pair. Je t’aime, je te détruis. Éros, c’est notre désir de nous lier amoureusement les uns aux autres?; Thanatos, c’est la pulsion de mort qui nous pousse à rompre le lien pour que notre moi reste tout-puissant. L’amour poussant à sortir de soi, le moi le combat. « C’est difficile de renoncer à soi, décrypte le psychanalyste Jean-Jacques Moscovitz (3). On sent bien quand on aime que quelque chose nous tiraille.

    L’amour touche à notre être, à ce que nous sommes au monde. Peu de gens s’en rendent compte. Ils se retrouvent seuls et se sentent bien dans cette solitude puisqu’ils sont désormais à l’abri de cette pulsion de mort. Mais quand, dans l’amour, on a survécu aux déchirements, aux conflits, on atteint une zone formidable où rejaillit le sentiment. » L’amour vrai n’est pas un contrat d’affaires : c’est un sentiment violent qui fait courir un danger aux deux partenaires. Il ne faut jamais l’oublier quand on doute, quand l’autre semble nous « désaimer ». « Quand quelqu’un se défend, explique Monique Schneider, ça ne veut pas dire qu’il n’est pas amoureux. Il peut juste redouter de se retrouver les mains liées. »

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  • Tomber en amourL'amour est une préoccupation que partagent la majorité des jeunes : ils sont en amour, ils l'ont été, ou ils rêvent de l'être. Selon une perspective psychologique, l'amour se définit comme « un état de stupéfaction lié à un engagement profond envers une autre personne » .

     L'amour serait constitué de trois composantes, à savoir l'intimité (composante émotionnelle), la passion (composante motivationnelle) et la décision/engagement (composante cognitive) .

    Une relation amoureuse procure souvent plaisir et épanouissement, elle entraîne parfois déception et désarroi, mais elle est la plupart du temps source d'apprentissages importants.

    Les jeunes trouvent agréable d'être en amour, même s'ils sont aussi conscients que ce n'est pas toujours facile. Leur conception de l'amour va bien au-delà du coup de foudre. Leur sagesse nous a souvent impressionnés et leur idéal nous a fait réfléchir.

     

    1 Tomber en amour Une tornade d’émotions Quand on leur demande comment ils se sentent lorsqu’ils sont en amour, beaucoup d’adolescents parlent d’abord du coup de foudre ou de l’amour en termes d’émotions fortes qui peuvent faire perdre tous les moyens.

     « Tu as comme des petits papillons en dedans. » (école n°1, fille)

     « À chaque fois que tu parles avec elle, tu trembles, tu es nerveux. » (école n°1, garçon)

    « Moi, je sais que je suis en amour, parce que je me mets à dire n’importe quoi. Je peux parler n’importe comment. Je tremble, je n’arrête plus. » (école n°1, fille)

     « Je deviens plus timide » (école n°5, garçon)

     « C’est complètement irrationnel l’amour. On ne contrôle pas tout. » (école n°2, fille

    « Je ne crois pas au coup de foudre. Au début, tout se joue sur l’attirance physique. » (école n°2, fille)

     « C’est mauvais, le coup de foudre. D’abord, tu idéalises la personne et après tu es déçue. » (école n°2, fille)

    « Au début, c’est le coup de foudre. Ce n’est pas nécessairement de l’amour, mais après ça peut le devenir. » (école n°2, fille)

     « En fait, au début, c’est une petite étincelle, après tu dois nourrir le feu. » (école n°2, garçon)

    Avec le temps, on acquiert aussi de la maturité.

     « Si cela fait plusieurs fois que tu es en amour, que tu as ce feeling, tu le sais. Avant, je changeais souvent de fille, ce n’était pas vraiment de l’amour. Maintenant, c’est plus profond. » (école n°5, garçon)

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